mardi 5 janvier 2010

Sempre la mare perde...


Racontons les faits: mon grand-père est le dernier enfant d'une famille nombreuse italienne. L'arrière grand-père , Pierre, est naturalisé en 1908, et lorsqu'il part à la guerre de 14, il part avec la "classe 08", il a déjà plus de 40 ans, de nombreux enfants. C'est un pêcheur qui a posé ses filets à Sète, il parle un Napolitain mâtiné de français (approximatif).
Mon grand-père raconte avec malice qu'il est un "retour de guerre", né en 1920 il est sans doute le résultat de nombreuses années de privations.On sait les Italiens enthousiastes ,gageons qu'il aura fêté le retour dans les foyers à sa façon.
A l'adolescence, mon grand-père a embarqué à bord de la "Catalane" familiale, pour continuer la tradition . Il conserve de cette période de nombreux souvenirs qui semblent plus vivaces encore avec l'âge.
Ces paroles sont des paroles simples, des sortes de maximes , de petits proverbes que le "Macarounaïde" tenait peut-être de ses pères "Gaetane o Cetarese".Pour autant avec le recul qui sied à notre époque aseptisée, pleine de progrès mais si dépourvue de poésie populaire, ces quelques mots tintent humblement à mes oreilles comme l'or le plus pur qui soit.
Grand-père raconte qu'un jour qu'ils étaient affairés à tirer le poisson des filets, et remplissaient leurs paniers de vie frétillante, le vieux s'arrêta soudain, prit un air inspiré avant de se retourner ver son fils. "Sempre la mare perde!" (La mer perd toujours) .
Depuis des siècles les hommes y ont puisé leur subsistance , et la mer perd toujours...sans faire de philosophie "bon marché" , on doit bien reconnaître que cela ne se dément TOUJOURS pas.

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